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Le ticket de caisse en 2023

Dans cet article, nous apportons une lumière toute particulière sur les conséquences de la non-impression des tickets de caisse en 2023 (voir notre article précédent sur la loi anti-gaspi).

Attention! N’oubliez pas que le ticket de caisse n’est qu’un ticket parmi tous ceux qui seront interdits d’impression en 2023. Les autres tickets seront traités dans des articles à venir.

1- Aujourd’hui, quelle loi est appliquée?

Il est commun d’entendre ou de lire que l’impression des tickets de caisse n’est pas obligatoire en dessous de 25€ TTC. Ce qui est moins connu en revanche, c’est que ce montant seuil ne concerne que la vente de prestations de service!

Pour mémoire, les ventes entrent dans deux catégories: les ventes de “prestations de service” ou les “ventes de biens-marchandises”. Dans le premier cas, un montant seuil est spécifié dans l’arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les services, dès l’article 1:

 

Toute prestation de service doit faire l’objet, dès qu’elle a été rendue et en tout état de cause avant paiement du prix, de la délivrance d’une note lorsque le prix de la prestation est supérieur ou égal à 25 € (TVA comprise).

Pour les prestations de service dont le prix est inférieur à 25 € (TVA comprise), la délivrance d’une note est facultative, mais celle-ci doit être remise au client s’il la demande.

Mais dans le second cas, rien de précis n’a été spécifié concernant la délivrance d’une note. Or le retail est plutôt par définition un commerce de “ventes de biens-marchandises”. En toute rigueur, un retailer pourrait tout à fait déjà respecter la loi à venir en n’imprimant pas les tickets de caisse, quel que soit le montant du panier.

La réalité du terrain est tout autre. Depuis des dizaines d’années, les éditeurs de logiciel d’encaissement se sont évertués à imprimer systématiquement les tickets de caisse pour des raisons qui, contrairement aux idées reçues, n’avaient pas forcément de lien avec la loi:

  • les clients étaient demandeurs afin de vérifier les produits et montants facturés
  • cela permettait de supprimer un point d’interaction entre les agents de caisse et les client, donc de diminuer un peu la congestion pour les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS)
  • le coût de la bobine de papier était encore acceptable à l’âge d’or de la grande distribution
  • les vigiles devaient pouvoir contrôler les achats à la sortie du magasin

La loi actuelle est aussi à l’origine de l’impression systématique dans certains cas:

  • pour les enseignes qui vendent des services en plus de biens-marchandises (si vous achetez une planche – un bien, dans une grande surface de bricolage et que vous passez à la découpe – un service), cela évite de se creuser la tête pour savoir quoi faire
  • les bouchers et les charcutiers sont tenus de remettre une note à leurs clients (l’arrêté est ici pour les puristes)

 

2- Quel intérêt pour les acteurs concernés?

Pour les clients, moins de gaspillage (ça tombe bien!)

De la même manière qu’il était considéré comme un progrès il y a 30 ans de recevoir systématiquement un ticket de caisse suite à ses achats, les consommateurs semblent avoir évolué sur le sujet et sont maintenant de plus en plus nombreux à les trouver inutiles et encombrants.

Des chiffres circulent sur le web, indiquant que plus d’un client sur deux jettent immédiatement leurs tickets de caisse après l’avoir reçu, toutefois nous n’avons retrouvé aucune source sur le sujet qui nous semble fiable.

De plus, pour avoir interagi avec des grands groupes dans les métiers du nettoyage, il nous a été reporté que le ticket de caisse reste la source de déchet n°1 dans les GMS.

La loi “anti-gaspi” semble bien s’inscrire dans le sens de l’histoire.

Pour les enseignes, moins de charges

Les enseignes aussi verront d’un bon oeil la suppression du papier thermique, notamment pour une question de charges croissantes d’années en années. En effet, le papier thermique qui constitue le ticket de caisse (il est toujours bon de rappeler à ce stade que les imprimantes de ticket de caisse n’utilisent pas d’encre) subit une crise depuis quelques années.

Chez les fins connaisseurs de la situation, on parle de la “leuco dye crisis”. En français la crise des leuco-colorants. Pour la résumer en deux mots, le gouvernement chinois a émis en 2013 des normes environnementales, qui ont conduit à fermer des usines de leuco-colorants, le composant chimique à la base du papier thermique. S’en est suivi une baisse de la production et une hausse des prix. Le cas de Lecta, grand groupe fournisseur de papier, illustre bien la tendance des prix à la hausse, avec des augmentations qui se suivent chronologiquement comme ici en 2017 ou ici en 2020. En moyenne la hausse est de 8% par an.

Toutefois, d’aucuns auront remarqué lors des premières ébauches de l’article 49, que les enseignes semblaient frileuses à l’idée d’appliquer la nouvelle loi. Voyons maintenant ce qui peut poser problème.

3- La non-impression, techniquement

La non-impression des tickets de caisse, dans le cas où ce n’est pas couplé avec un dispositif temps réel de e-ticket de caisse, amène son lot de tracasseries opérationnelles.

Revenons un instant sur la faisabilité technique. Si l’on ne parle que de ticket de caisse, exiger des éditeurs de logiciels de caisse d’afficher un popup à l’agent de caisse avec les deux boutons “imprimer” et “ne pas imprimer” n’est effectivement pas d’une difficulté insurmontable. Tous les débats qui avaient eu lieu lors de l’élaboration de la loi fin 2019, et mettaient la sphère « retail » en ébullition, portaient à l’époque sur des délais très courts de mise en place (il était au début question du 1er février 2020!). En effet, aussi simple soit l’évolution technique de la fonctionnalité, son déploiement peut nécessiter parfois plus d’une année, en raison de contraintes opérationnelles que nous vous épargnerons ici.

Avec le délai de la loi finalement adoptée (un peu moins de 3 ans), il n’y a plus véritablement de problématiques liées au développement et à l’implémentation de la fonctionnalité “non-impression”. Toutefois, il est probable que cette nouvelle fonctionnalité donne lieu à d’autres évolutions du côté de l’encaissement, bien moins triviales cette fois.

4- Contrôle des tickets

Que se passe-t-il lorsqu’un client ne demande pas son ticket papier et se fait contrôler par le vigile? Le premier réflexe du vigile est de demander le ticket de caisse et de s’en servir pour vérifier le contenu du sac du client. A ce jour aucune solution n’existe pour lui permettre de réaliser sa mission.

Il sera toujours possible de s’en tirer techniquement lorsque les clients se seront identifiés en caisse (avec une carte de fidélité par exemple). Il faudra alors aux enseignes une “appli vigile” qui permettra de retrouver en temps réel le ticket de caisse d’un client encarté. Nous vous encourageons fortement à regarder la solution Limpidius pour cette appli vigile. Via notre API storage, nous permettons aux front web et mobile des enseignes de récupérer en temps réel les e-tickets de caisse émis en caisse, avec des filtres puissants. Pour info, peu d’enseignes sont en mesure de produire cette remontée temps réel des tickets de caisse dématérialisés.

Une telle solution technique pourrait éventuellement fonctionner avec des clients non identifiés, mais la tâche sera alors plus fastidieuse. Autant il sera assez aisé pour un vigile de retrouver le e-ticket de caisse d’un client encarté, autant les clients non encartés lui imposeront des recherches plus poussées sur le contenu du panier client à travers les filtres. Pour les grands magasins, la tâche sera plus ardue encore, dans la mesure où l’horaire d’achat et le passage par les portiques de sécurité ne sont pas, mais alors pas du tout, concomitants.

5- Gestion du SAV

Sur le sujet du ticket de caisse, la gestion du Service Après-Vente (SAV) devra être revue de fond en comble afin de tenir compte du fait qu’un client ne reviendra plus nécessairement avec une preuve d’achat au format classique “ticket papier”.

Il convient à nouveau de différencier les clients qui se sont identifiés en caisse des autres. Il sera en effet toujours possible de retrouver les achats des clients identifiés, même si, pour encore beaucoup d’enseignes, cette possibilité n’est toujours pas d’actualité. Un grand nombre de retailers indiquent déjà qu’il n’est pas nécessaire de revenir avec son ticket en cas d’échange, pour les clients encartés. Cela fait d’ailleurs partie des arguments qui font mouche lorsque l’on propose aux clients de faire partie du fichier client, par le biais d’une carte (GMS) ou non (textiles).

Le vrai problème surgit, encore et toujours, lorsque les clients ne sont pas identifiés en caisse. S’ils refusent le ticket de caisse papier, ils n’auront aucun moyen de faire valoir un échange ou un remboursement auprès du SAV de l’enseigne.

A Limpidius, nous avons retourné le problème dans tous les sens. Toutes nos conclusions convergent vers une position qui nous conforte dans notre activité: sur ce sujet précis de la gestion du SAV des clients non identifiés en caisse, nous ne voyons pas d’autres alternatives que le ticket de caisse digital.

6- Le ticket de caisse dématérialisé: une solution efficace

Le e-ticket de caisse permet de respecter la loi anti-gaspi tout en proposant des solutions d’identification des clients non-encartés. Il s’agit, dans tous les cas où un client ne s’est pas identifié en caisse, de lui proposer de recevoir son ticket de caisse par email. Il en aura ainsi trace en cas de réclamation. Une ultime chance de d’identifier en quelques sortes.

De cette manière, il sera possible aux enseignes d’être dans le respect absolu de la loi grâce à la dématérialisation.

En résumé, cet article met le doigt sur deux problèmes majeurs que la loi anti-gaspi va soulever et que Limpidius résout déjà:

  • retrouver des tickets de caisse en temps réel: pour la gestion des SAV et des contrôles client en sortie de caisse. Cela passe par l’API storage de Limpidius.
  • identifier des clients non encartés qui refusent l’impression de leur ticket de caisse: pour faciliter le SAV également. Cela passe par la plateforme classique de e-tickets de caisse de Limpidius.

 

Dans l’article qui suit, nous nous intéresserons aux autres tickets imprimés en caisse (CB, BR…) et nous verrons que leur non-impression engendre des problématiques d’un autre niveau que celles que nous venons de passer en revue.

 

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